Les futures lignes TGV sur la sellette, dont la LGV Limoges Poitiers ?

La rigueur budgétaire pourrait pousser le gouvernement à revoir sa participation au financement de nouvelles lignes à grand vitesse, au grand dam des élus locaux. (Archives).

La rigueur budgétaire pourrait pousser le gouvernement à revoir sa participation au financement de nouvelles lignes à grand vitesse,

C'est ce qu'a confirmé Jérôme Cahuzac, ministre délégué au Budget, . "Il faudra élaguer. Le gouvernement (Ayrault) n'aura pas d'autre choix que d'abandonner certains projets", a déclaré le ministre, s'appuyant sur un rapport de la Cour des comptes.

"L'Etat, ceux qui le dirigeaient en son nom, ont prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement. Il y a eu un effet d'affichage", a expliqué le ministre.

Ci-dessous, la carte des lignes qui pourraient ne jamais voir le jour:
Afficher Les LGV qui pourraient ne pas voir le jour sur une carte plus grande

Lignes trop couteuses pour un gain de temps négligeable

"Il faut regarder quels sont les critères pour les choix, notamment lors de la rentrée où il y aura un débat sur les transports : quelle est la plus-value des choix qui seront opérés en terme d'aménagement du territoire, de fracture territoriale, d'éléments de terme de croissance ?", a affirmé Frédéric Cuvillier, ministre des Transports, au Nouvel Observateur.

Les prolongements de lignes sont particulièrement visées. Jérôme Cahuzac s'est interrogé sur l'intérêt de ces constructions "pour un gain de temps marginal", précisant qu'il serait peut-être plus urgent de consacrer cet argent à l'entretien des lignes ferroviaires secondaires.

À l'origine prévu dans le Grenelle de l'environnement, le projet était chiffré à 245 milliards d'euros d'ici à 2020. Mais sur les 14 chantiers de prévus, 10 risquent de ne pas voir le jour, affirme Le Figaro. "Les deux lignes en construction Tours-Bordeaux et Metz-Nancy, et les deux projets qui font l'objet d'un contrat signé, Le Mans-Rennes et le contournement Nîmes-Montpellier, ne seront pas remises en cause", explique le ministère des Transports au quotidien.

En revanche, les lignes qui coûtent cher sans réduire significativement les temps de transport risquent d'être condamnées, comme le laissait entendre Jérôme Cahuzac. Tout comme celles dont les prévisions de trafic ne sont pas exponentielles et où il sera difficile de faire payer les billets assez cher.

À cette aune, Nice-Marseille figure en tête au hit-parade des lignes menacées. «Le projet de l'ordre de 15 milliards d'euros est très cher, glisse un expert. Il n'y a pas de consensus sur le tracé et cela ne réduirait pas suffisamment la durée de trajet Paris-Nice pour gagner des parts de marché sur l'avion.» Autre ligne dans le viseur: Lyon-Turin. Son coût (12 milliards d'euros) est de nature à la disqualifier.La branche est de la ligne TGV Rhin-Rhône risque également de ne jamais être terminée. Car les 50 km manquants entre Dijon et Mulhouse coûteraient environ un milliard d'euros. «Et cela ne réduirait le temps de trajet que de dix minutes», souligne un expert. Enfin, le prolongement de la ligne TGV Paris-Bordeaux jusqu'à l'Espagne a du plomb dans l'aile, car elle coûte plusieurs milliards et suscite une opposition dans le Pays basque. «L'idée pourrait être d'arrêter la ligne à Mont-de-Marsan ou à Dax», confie un spécialiste. Pour les mêmes raisons de coût, le prolongement de ligne TGV après Rennes vers Quimper et Brest ou les liaisons Poitiers-Limoges pourraient être sur la sellette.

Pour les autres lignes, c'est le flou. De quoi réjouir les associations anti-LGV et faire bondir les élus locaux.